Ce sont les boutons d’or, d’abord éparpillés, comme des rires jetés sur le vert du pâturage. On les croit semés au hasard, capricieux. Et pourtant, à mesure qu’on avance, on devine un tracé. Ils dessinent une ligne douce, hésitante, qui serpente sur la pente comme une phrase murmurée par la terre elle-même. Un peu plus loin, ce sont les pierres — des pierres sèches, posées une à une par des mains aujourd’hui oubliées. Elles ne disent rien, mais elles tiennent. Elles dessinent aussi, elles tracent. Non plus la caresse, mais la limite. Une ligne droite, rugueuse, murmurant qu’ici s’arrêtait un monde et qu’un autre commençait. Une frontière, autrefois. Aujourd’hui, un vestige, une mémoire que l’herbe tente de recouvrir, mais qui résiste encore. Deux esquisses. L’une vivante, éclatante, qui pousse et se défait avec la saison. L’autre ancienne, faite pour durer. Ensemble, elles racontent : les gestes simples, les partages, les séparations aussi. Une histoire sans nom propre, mais pleine de présences. Une histoire que la lumière du soir vient souligner, point par point.
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AuteurLouis Mouchet, cinéaste très indépendant Archives
Juillet 2025
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